Ce n’est ni plus ni moins que la solution de nationaliser l’ensemble des pertes du secteur bancaire vers laquelle les autorités américaines semblent se diriger. Il s’agit effectivement de mesures exceptionnelles dans la mesure où l’Etat – souvent qualifié d’inefficace et d’inefficient – viendrait sauver tout un pan de l’économie privée réputée si rigoureuse et efficace…
Les dogmes martelés ces dernières années finissant par faire définitivement « pshitt » sous le poids des faillites en cascade et autres plans de sauvetage de ces dernières semaines. Lorsque les dogmes tombent, c’est le pragmatisme qui prend le relais…pour un laps de temps seulement… malheureusement…
S’agissant de l’explosion à la hausse des marchés ces jeudi et vendredi dernier, la réaction pouvait difficilement être autre dans la mesure où les règles ont été modifiées avec l’annonce du xème plan Paulson. Les autorités américaines rééditent le coup d’il y a quelques mois : décréter l’interdiction de spéculer à la baisse sur les valeurs bancaires. Si ces oukases relèvent d’une autre époque, elles n’avaient eu il y a quelques mois qu’un effet bénéfique sur le très court terme. Les marchés ayant repris par la suite leur direction vers la cave, soit la direction naturelle vers laquelle ils doivent tendre dans ce contexte.
Car une fois passé l’artifice des annonces chocs, le marché n’a plus rien à se mettre sous la dent et que peut-il espérer ?
Ce n’est pas la situation économique mondiale qui continue de s’affaiblir et encore moins la nationalisation décrétée des pertes qui rassureront les marchés à moyen et long terme. Les marchés attendaient une solution rapide de nature à éviter l’implosion du système financier international ; cette solution a été trouvée. Demain est un autre jour.
Mais qu’impliquerait donc ce principe de nationalisation des pertes duquel le Congrès débattra très prochainement ? A la lecture de la presse spécialisée, une sorte d’organisme para-étatique pourrait être crée afin de prendre en charge lesdites pertes. En clair cela signifie que quelques centaines voir milliers de milliards de dollar vont s’ajouter à la dette américaine. Pour créer un tel organisme il semblerait qu’il faille passer par la voie « légale » ; le Congrès devant se prononcer.
Une grave détérioration de la situation financière de l’Etat américain dont les dettes – et donc la dépendance vis-à-vis du reste du monde - ont déjà explosé ces dernières années, fait aussi courir un risque fort sur le système financier international.
Evidemment, les manipulations étant ce qu’elles sont, les instituts de notation ne vont très probablement pas « downgrader » la note de l’Etat Américain. Celui-ci fait en théorie partie de la catégorie des Etats les plus sûrs dont les dettes sont de meilleure qualité…
Mais que se passerait-il si un des trois principales agences de notation « downgradait » l’Etat américain ?
Le livre « La France en faillite » publié avant les élections présidentielles de 2007 imaginait l’impact d’une dégradation de la notation de l’Etat français : un véritable tsunami financier en France.
S’agissant de l’Etat Américain, une dégradation de sa notation impliquerait une perte de confiance dans les USA et les principales conséquences à court terme suivantes :
Explosion du marché obligataire US et mondial (les taux d’intérêt prendraient un, voir plusieurs points dans la journée)
Chute du dollar de plusieurs pourcents dans la journée par rapport aux autres devises
Explosion de l’or contre l’ensemble des devises (des dizaines de %)
Krach boursier
Est-ce que cette situation va se produire ? J'estime ce scénario comme hautement probable.