lundi 31 décembre 2007

Préambule suite – l'arnaque informationnelle

A l'occasion de chacune des chutes ou corrections boursières, les mêmes communiqués et déclarations des divers acteurs des marchés ressurgissent. Comme si ces déclamations avaient d’ores et déjà été préparées et comme si l’histoire se répétait. Dans tous les cas, ce n’est pas à des débordements imaginatifs que l’on assiste. C’est d’ailleurs bien peu demander à ces acteurs surpayés dont les prédictions péremptoires en disent bien davantage sur eux-mêmes que sur la situation future des marchés.

Le particulier qui débute en trading doit le savoir : une importance minime doit être accordée aux déclarations de ce type d’acteurs qui bien entendu se gardent généralement de préciser l’échéance de réalisation de leurs prédictions… Leurs intérêts sont tout simplement ailleurs !...

Au mois d’août dernier, au cours du déclenchement médiatique de la crise des crédits hypothécaires américains à risque, je m’étais amusé à noter soigneusement les déclarations péremptoires et sibyllines de nos prophètes…


« Dans plus de 95% des cas, les statistiques montrent que le CAC 40 ne baisse pas plus de X% sur y semaines. Il devrait donc corriger à la hausse» dixit un analyste de la maison financière Z qui, une semaine plus tard, voyait sa « prévision » démentie par la réalité.

« Le marché action est un marché risqué, il faut le redire. C’est un marché sur lequel l’horizon de placement doit être d’au moins dix années afin d’absorber les secousses » dixit un autre analyste… Le même qui recommandait l’achat d’actions quelques semaines auparavant la crise « compte tenu de la tendance solide dans laquelle les marchés se trouvent actuellement » ?

« Pour le moment, la visibilité n’est pas totale mais la qualité des fondamentaux économiques devraient ramener les investisseurs à l’achat à court ou moyen terme » dixit l’économiste alpha … qui ne prend pas trop de risques…


Dans le fond et en règle générale, les seuls acteurs qui se risquent réellement au jeu sont les petits porteurs… Ceux qu’on envoyait joyeusement au charbon en 2000… Ceux aussi à qui l’on raconte que la bourse est historiquement l’investissement le plus rentable sur le long terme… Sur 100 ans… Qui place pendant 100 ans ?

Une règle simple doit être tirée : un apprenti-trader doit accorder le moins d’importance possible aux déclarations des acteurs surpayés dont les intérêts ne sont pas les siens…
A l’occasion, je mettrai en ligne le lien vers le reportage réalisé à Genève sur ce trader qui, lorsqu’il allume CNBC, coupe le son…!!

Dans le trading, rien n’importe plus que la dynamique d’évolution des prix… Les discussions orientées y relatives ne sont que pur marketing.

Préambule - Les quelques raisons d'un désastre

En parallèle à l’accès à l’information internationale en temps réel et à la démocratisation des divers marchés financiers, le trading on-line (par voie électronique) s’est considérablement développé depuis 10 années à tel point que nombres d’investisseurs particuliers se sont mis à boursicoter pendant les années 90 et ce, jusqu’à l’explosion du marché actions des nouvelles technologies.

Depuis lors, d’autres marchés ont été aisément rendus accessibles au particulier lambda, telles que le marché des futures ou celui des devises sur lesquels les frais sont souvent nettement inférieurs que sur les marchés actions.

Désormais, un investisseur particulier peut aujourd’hui aisément détenir dans son portefeuille d’actifs, de l’or, du pétrole, du blé, du dollar australien et des contrats futures sur Nikkei par exemple. Les banques et autres intermédiaires financiers permettent effectivement à chacun d’entre nous d’investir on-line sur ce type de produits.

Paradoxalement, plus l’offre de nouveaux produits est abondante, plus les pertes constatées chez les particuliers sont fortes, à tel point que près de 95% des nouveaux entrants sur les marchés financiers perdent l’ensemble de leur capital dans les 6 premiers mois de trading.

Diverses raisons explicatives de ce désastre sont à invoquer, j’en retiendrai trois, soit celles qui me semblent être les plus significatives :

- La croyance qu’on les apprentis-traders dans leurs probabilités de gains et de pertes.
Avec des couts de transaction très faibles, les individus estiment, qu’en faisant au pire un choix hasardeux, avoir une chance sur deux d’avoir raison.
A priori, ce n’est pas faux.
Pourtant et dans les faits, les individus coupent rapidement leurs gains alors qu’ils laissent courir leurs pertes en espérant des jours meilleurs. L’un dans l’autre, la probabilité de réaliser des gains sur des positions hasardeuses est bien inférieure à 50%, sans doute plus proche du 0% que du 50%...

Les risques inconsidérés que prennent les apprentis-traders.
Les nouveaux entrants sur les marchés prennent des risques qui les poussent rapidement à la ruine. Ces prises de risque sont insidieusement entretenues par des intermédiaires financiers qui proposent des leviers de 50, 100, voir 400. En pratique, un levier de 100 permet d’engager une position dont la taille est 100 fois supérieure au capital de départ. Dans ces proportions, le levier devient une arme qui se retourne très rapidement contre l'apprenti

L’absence de stratégie de trading.
Sans stratégie, l’apprenti trader est condamné à la perte, c’est inéluctable. Se fixer un cap et s’y tenir est primordial. La mise en place d’une stratégie permettra d’éviter les deux principaux biais évoqués ci-dessus et réduira considérablement sa probabilité de faillite.
En outre, l’existence d’une stratégie permet de neutraliser l’ensemble des irrationalités auxquelles tout un chacun est soumis lorsqu’il trade les marchés…

Les uns dans les autres, ces trois biais principaux révèlent une méconnaissance patente du trading ainsi qu’une absence réelle de formation adéquate permettant de se lancer sereinement sur les marchés… et ce, au grand profit de l’ensemble des intermédiaires financiers… J'y reviendrai...